Nos missions

L’École universitaire de recherche Sciences infirmières en promotion de la santé (EUR SIePS) au sein de l’université Sorbonne Paris Nord : une réponse à la nécessaire structuration de la discipline au sein de l’université française.

Des facultés de sciences infirmières (SI) et des départements existent depuis plus de 70 ans dans certains pays et tendent à augmenter partout dans le monde. En France, il aura fallu attendre les années 2000 pour voir se généraliser la culture de la recherche en SI, sous l’impulsion d’évolutions politiques et académiques.

La recherche infirmière est maintenant reconnue comme une nécessité pour l’amélioration et la progression au plus haut niveau des pratiques professionnelles de soins destinées à la population.

Si un contexte favorable s’est progressivement constitué pour que cette discipline prenne place en France, il semble aujourd’hui essentiel d’accompagner la structuration des SI au sein des universités.

Pour répondre à ce défi, l’Université Sorbonne Paris Nord (USPN) a fait le choix d’ouvrir, depuis la rentrée universitaire 2023-2024, la première école Universitaire de Recherche Sciences Infirmières en Promotion de la Santé (EUR-SIePS).

Une école universitaire de recherche (EUR) est une composante universitaire, initialement créée par la convention du 14 février 2017 entre l’État et l’Agence nationale de la recherche. Elles ont été créées pour rassembler des formations de 2e et 3e cycle (niveaux master et doctorat) via l’implication de laboratoires de recherche.
Elles sont l’équivalent des « graduate schools » dans le milieu anglosaxon.

Deux missions pour l’EUR-SIePS :

L’EUR-SIePS vise à mettre en œuvre un parcours de formation répondant aux exigences du développement universitaire de la discipline, de l’entrée en master jusqu’au doctorat et au postdoctorat en SI et à définir les modalités d’implantation et de généralisation de ce nouveau parcours au sein de l’université française.
En pratique, à partir du socle licence-master-doctorat (LMD), l’EUR-SIePS propose des parcours de formation par et pour la recherche.

Fondement

Message de Pr Rémi Gagnayre, directeur du LEPS
1976

Le rôle pionnier de l’UFR SMBH et du LEPS dans « l’universitarisation » de la formation des infirmières a débuté dès 1976 avec la création d’une « Filière Soin »¹ au sein d’un système de sélection-orientation du Premier Cycle des Etudes Médicales : les étudiants inscrits en PCEM 1 pouvaient suivre parallèlement un cursus infirmier et, en cas d’échec à deux concours du PCEM, complétaient leur DE d’infirmier par une année dans cette première « école universitaire » d’infirmiers.

¹ À côté de la filière soins, les étudiants de l’époque pouvait choisir une filière Sciences de la vie et de la nature, Psychologie, Administration et économie sociales leur permettant d’obtenir un DEUG.

Le fait de former ensemble, dans plusieurs disciplines, des étudiants qui deviendraient ultérieurement médecins et infirmières a été à l’origine d’une réflexion portée par le LEPS sur l’éducation multi professionnelle. L’UFR a, sous les auspices de l’OMS, suscité la création d’un réseau international (Network for Multiprofessional Education in Health) réunissant les expériences novatrices d’établissements qui créaient des parcours communs de formation pour différents profils d’étudiants, dans le but de les aider à mieux collaborer ultérieurement.

Le LEPS a été très impliqué dans la recherche sur ce concept et sa diffusion à l’échelon international. Ces recherches et ces expériences ont abouti tout naturellement au constat que la profession d’infirmière, en France, ne pouvait pas authentifier une véritable expertise en soins, sans développer une recherche correspondante, à l’instar de ce qui existait déjà dans les pays anglo-saxons (comportant des diplômes supérieurs et des laboratoires de recherche en Nursing).

Le Laboratoire de Pédagogie de la Santé², a présenté au Ministère des Universités un projet de diplôme de « Licence et Maîtrise en Sciences de la Vie, mention Soins, option : sciences infirmières » dont il a obtenu l’habilitation, à titre expérimental. Cette formation, co-organisée avec l’APHP, a abouti au premier diplôme supérieur d’Etat en France, accueillant des cadres infirmiers qui sont devenus, pour la plupart, des « cadres infirmiers experts » développant des critères de qualité des soins à travers une recherche et des méthodologies correspondantes.

² Ancien nom de l’actuel Laboratoire Educations et Promotion de la Santé.

Ce diplôme est devenu une « MST en Soins, puis a pris la forme d’un « Master en Qualité des Soins », habilité en 2005, jusqu’à sa version actualisée, trente années plus tard de « Master Santé Publique Parcours : Qualité, sécurité des parcours de soins » (QSPS). Ce parcours de master QSPS ainsi que le parcours IFS du même master de santé publique, sont aujourd’hui accessibles aux étudiants cadres de santé au cours de leur formation tel que cela est prévu par la convention de partenariat entre l’USPN/LEPS et l’IFCS de l’AP-HP.

Ce travail pionnier d’universitarisation des Sciences infirmières s’est vu renforcé par l’accueil de l’unique chaire de recherche Infirmière. En collaboration avec l’AP-HP, l’Université Sorbonne Paris Nord, l’UFR Santé Médecine et biologie humaine et le LEPS. Cette chaire a apporté un élément décisif à la reconnaissance de la discipline des sciences infirmières : la recherche et la valorisation.

En partageant des objets de recherche avec le LEPS en particulier sur les processus de l’apprendre en santé, le pouvoir d’agir des acteurs, elle a développé des recherches propres concernant la pratique infirmière. Ses travaux ont contribué aux débats scientifiques tout en apportant des réponses aux problèmes que rencontrait la communauté infirmière de l’AP-HP.
Pendant plus de 10 ans, sa titulaire le Pr Monique Rothan-Tondeur a instauré une véritable dynamique de recherche fort des doctorants qu’elle a accompagnés pour l’obtention d’une thèse en sciences infirmières.

Cette recherche a été associée à la réalisation de nombreux évènements qui ont permis de faire valoir l’importance de la recherche en sciences infirmières et ainsi préparer les « esprits » à la création d’une discipline à part entière. Cette intégration parfaitement réussie de la chaire AP-HP au sein de l’Université a permis également d’apporter son savoir-faire dans la création de l’EUR Sciences infirmières en promotion de la santé.
Les années à venir verront de nouvelles collaborations originales s’établir entre deux structures.

Ainsi, ces repères témoignent du long investissement du LEPS adossé à l’UFR Santé Médecine Biologie Humaine/Université Sorbonne Paris Nord dans le développement des sciences infirmières. L’EUR Sciences infirmières en Promotion de la santé constitue une nouvelle étape liée à la reconnaissance de la discipline des Sciences infirmières. Sa création inaugure une période d’innovations, d’expérimentations basées sur la recherche et la formation de haut niveau. En cela, elle est la continuité des innovations en sciences infirmières de « l’Ecole de Bobigny » au service de la communauté soignante.

Message de Monique Rothan-Tondeur

L’EUR est née fin 2023 et toute la communauté des professionnels infirmiers et des chercheurs de plusieurs disciplines lui souhaite une belle vie productive.

La création de l’EUR repose sur plusieurs fondements essentiels :

Un soutien institutionnel et un environnement favorable

Cet environnement de travail favorable, composé des infrastructures, des ressources humaines et financières, ainsi que des politiques favorables à la recherche, encourage la créativité, la collaboration et la productivité de l’équipe de l’EUR.

L’équipe de l’EUR est guidée par une compréhension profonde des besoins de la population et des patients et s’attache à répondre à ces besoins de manière à améliorer directement la qualité des soins et la santé des individus et des communautés.

L’environnement de l’EUR, et l’expérience riche de ses équipes favorisent cette collaboration interdisciplinaire qui permet de relever des défis complexes et d’enrichir la recherche et conduire à des résultats plus significatifs.

La multiréférentialité méthodologique (méthodes quantitatives, qualitatives ou mixtes) est fréquente en sciences infirmières. En y ajoutant des méthodes innovantes (étude Webométrique, réseaux d’associations pour exemple), l’ensemble permet à l’EUR de produire des résultats valides, fiables et utiles.

Le renforcement des compétences de la profession et l’acquisition de nouvelles compétences et savoirs sont et seront au cœur des activités de l’EUR avec des démarches innovantes (mentorat, blended learning, simulation,etc…).

L’EUR peut s’appuyer sur l’histoire des sciences infirmières à l’USPN et au LEPS (voir message du Professeur Rémi Gagnayre) qui lui permet de se reposer sur des collaborations internationales fortes et des formations innovantes.

En combinant ces fondements, l’équipe de l’EUR peut développer une approche holistique et efficace pour aborder les défis complexes du domaine et contribuer à l’avancement des connaissances en sciences infirmières et à l’amélioration des pratiques des soins infirmiers.

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